Tibor Csernus et Vance

Tibor Csernus

Tibor CSERNUS est un peintre et illustrateur hongrois. né en 1927 à Kondoros (Hongrie) considéré comme l’un des plus grands peintres hongrois du XXe siècle, il a vécu et travaillé à Paris du milieu des années 1960 jusqu’à sa mort en 2007.

Après des études à l’École supérieure des beaux-arts de Budapest, il expose régulièrement dans la capitale. Il visite Paris en 1957 et 1958, avant de s’y installer en 1964. Il y expose à la galerie Claude Bernard et à la FIAC en 1979 et  1990. Il installe son atelier à la maison des artistes du Bateau-Lavoir à Montmartre

Il expose ses tableaux lors de nombreuses expositions. Par son travail sur la lumière, son style réaliste est proche de Caravage, Vélasquez ou Rembrandt.

Il travaille aussi comme illustrateur de couvertures pour la collection de poche folio des éditions Gallimard, et pour la Bibliothèque verte. Son art visionnaire le prédisposait particulièrement à illustrer le fantastique et la science-fiction. Dans les années 1970-1980, il réalise pour les éditions « J’ai lu » les couvertures d’œuvres de Lovecraft, A. E. van Vogt, Jean Ray, Philip K. Dick, Clifford D. Simak, Theodore Sturgeon, Jack Vance, dont un portfolio sur Tschaï de Vance dans la revue Univers en 1977 – au total il signera 135 couvertures.

Il est nommé Chevalier des Arts et des Lettres en 1986.

En 1997, en Hongrie, il reçoit le prestigieux prix Kossuth, et une exposition en son honneur a lieu au Műcsarnok en 1998.

Sources : wikipedia.org – noosfere.org – kogart.hu – xpatloop.com

Page Facebook dédiée : https://www.facebook.com/pages/category/Community/Tibor-Csernus-hungarian-painter-142908929072211/

autres oeuvres consultables sur le net : http://www.artnet.fr/artistes/tibor-csernus/

Tibor Csernus a illustré 2 séries de Vance :  Tschaï et Alastor  :

Chasch Bleu de la cité de Dadiche

« …les Chasch Bleus  avançaient d’un air compassé sur une paire de jambes massives et courtes. Ils avaient un corps épais et puissant recouvert d’écaillés cornées, comme celui d’un pangolin, aux méplats bleus et pointus. Leur torse en forme de coin possédait des épaules chitineuses se recourbant pour former une carapace dorsale. Leur crâne s’achevait par une arête osseuse. Un bourrelet orbital saillant surplombait deux cavités oculaires où brillait un regard métallique au-dessus d’un orifice nasal complexe. »

Les Chasch Bleus sont réputés pour leur malice sadique.

Wannek

« …C’était une créature à l’épiderme sombre, un peu plus grande qu’un homme, au torse massif, à la tête réduite. Ses yeux étaient deux lentilles noires qui palpitaient deux fois par seconde. Ses jambes courtaudes s’achevaient par des pieds palmés et elle n’avait ni armes ni instruments apparents. En fait, le Wankh ne portait rien – aucun vêtement, aucun harnachement. D’un organe situé à la base de son crâne fusèrent quatre accords harmonieux dont les échos se prolongeaient et qui, eu égard aux circonstances, laissaient une impression de mesure et de placidité. »

« Leur cerveau fonctionne par impulsions. Ils voient en impulsions, pensent en impulsions. Pour parler, ils s’expriment par des impulsions, des sonorités formées d’un grand nombre de vibrations qui concourent toutes à faire une phrase. Chaque idéogramme correspond à une harmonique, c’est-à-dire une unité de signification. Aussi, le déchiffrement du wankh est-il affaire de divination autant que de logique. »

« …il n’y a pas, sur Tschaï, de peuple plus indifférent et plus détaché que les Wankh. »

Dirdir ( ou Homme-Dirdir « immaculé » ?)

« …Cinq Dirdir en descendirent, impressionnantes créatures à l’air dur, alerte et décidé. Ils avaient à peu près la taille d’un homme et se déplaçaient avec une sinistre agilité comme des lézards un jour de canicule. Leur épiderme avait le poli de l’os et leur crâne s’achevait par une crête acérée semblable à une lame et dont la partie postérieure était flanquée d’antennes incandescentes qui frémissaient. Leur faciès, avec leurs orbites profondes et le prolongement de la crête évoquant une arête nasale, était étrangement humain. Ils avançaient moitié en sautillant, moitié en bondissant, tels des léopards dressés sur deux pattes. Il n’était pas difficile de voir en eux les êtres sanguinaires qui chassaient jadis à travers les plaines torrides de Sibol. »

« l’implacabilité des Dirdir échappe à toute prévision. »

Le Pnume la seule race autochtone de Tschaï

« … Le Terrien examina la créature étrangement articulée : il avait la stature d’un homme et, en dépit de sa volumineuse houppelande noire, il donnait une impression de sveltesse, de fragilité même. Ses orbites disparaissaient dans l’ombre de sa capuche. Son visage, qui avait la découpe et la teinte d’un crâne de cheval, était sans expression ; un ensemble compliqué d’organes de broyage et de mastication entourait une bouche presque invisible. Ses jambes étaient articulées à l’inverse de la jambe humaine et il avançait comme un homme qui recule. Ses pieds nus et étroits étaient mouchetés de marbrures noires et rouges. Ses trois orteils incurvés tapotaient le sol. Comme on pianote avec ses doigts quand on est nerveux… »

Portfolio de Csernus paru dans Univers n°11 (j’ai lu) – 1970

Alastor :

Joueurs de Hussade sur Trullion

« …Glinnes demanda à Shermatz : « J’espère que vous trouvez Trullion intéressant ? »

— « Certainement. Chacun des mondes de l’Amas projette une aura qui lui est propre, et le voyageur perspicace apprend vite à identifier et à savourer cette personnalité. Par exemple, Trullion est calme et douce ; ses eaux reflètent les étoiles. La lumière est modérée ; les paysages et les vues marines sont enchanteurs. »

— « Cette apparence de tranquillité est ce qui frappe les yeux, » dit Akadie. « Mais je me pose quelquefois des questions quant à sa réalité. Par exemple, sous ces eaux paisibles, nagent les merlings, des créatures aussi horribles que possible et les visages placides des Trills dissimulent des passions terribles. »

— « Allons, vous exagérez, » intervint Glinnes.

— « Sûrement pas ! Avez-vous jamais entendu les spectateurs de la hussade supplier que la sheirl vaincue soit épargnée ? Jamais ! Il faut qu’elle soit mise à nu au son de la musique de… de quoi ? Cette émotion n’a pas de nom, mais elle est aussi vive que le sang. »

— « Bah ! On joue à la hussade partout, » dit Glinnes. « … Comme la plupart des jeux, sinon tous, la hussade est une guerre symbolique. Avec cette différence que la hussade se pratique à un degré d’intensité qui dépasse de loin le simple zèle sportif. La punition des vaincus y est particulièrement dure, comparable à celle qui attend le vaincu à l’issue d’une guerre. L’équipe battue paie une indemnité pour la rançon de sa sheirl. Le jeu se poursuit jusqu’à épuisement de cette somme. La sheirl de l’équipe vaincue est alors livrée aux mains des vainqueurs pour subir une humiliation qui varie selon les coutumes locales. Les vaincus quant à eux subissent l’humiliation de la soumission. La hussade n’est jamais prise à la légère. Spectateurs, vainqueurs et vaincus partagent tous une expérience riche en émotions de tous ordres. D’où la popularité du jeu. La hussade permet non seulement de prouver sa force, son talent, son agilité, mais aussi de déployer une stratégie. Par contre, ce n’est pas un jeu violent : les blessures personnelles y sont presque inconnues, si l’on excepte les égratignures et quelques hématomes. »

Marune: Château Rhune dans le royaume de Scharrode

« …Pardero examinait les deux personnages. Ils étaient l’un et l’autre grands, minces, les cheveux foncés, le teint clair. L’homme portait un vêtement compliqué de tissu rouge sombre, un gilet de plaques de métal noir, un casque de cérémonie où s’unissaient le métal noir et le tissu noir. La femme était vêtue plus simplement : une longue robe vague en gaze grise, des pantoufles blanches, un bonnet noir qui encadrait le visage blanc aux traits nettement dessinés. « Des Rhunes typiques, » reprit Ollave. « Ils rejettent totalement toutes les normes et modes cosmopolites. Regardez-les bien. Notez leurs expressions : froideur, impassibilité. Remarquez également que leurs vêtements n’ont aucun point commun, ce qui indique clairement que chez les Rhunes les rôles de l’homme et de la femme sont très différents. Chacun est un mystère pour l’autre ; ils pourraient être de race différente ! »

Le Tout-Puissant Connatic devant son palais à Numenès

« …Celui qui visite Wyst s’attend à être surpris, choqué, mais il n’est jamais vraiment préparé à la franche rebuffade de la réalité. Il contemple des blocs d’immeubles qui s’étirent sans fin vers l’horizon en stricte conformité avec les lois de la perspective. Il observe depuis une passerelle le flot des milliers de visages blancs qui roulent sur les glissoirs, larges de trois cents mètres. Il visite Disjerferact, dans le quartier des Maisons de Boue d’Uncibal, un lieu de carnaval où l’on trouve la Maison de la Mort, où chacun peut prononcer un discours avant de se suicider sous les maigres applaudissements des passants. Il assiste à la parade d’un shunk pourchassé jusqu’au stade. Et il se pose la question : est-ce que tout cela est bien réel, ou même possible ? Il cligne des yeux, mais tout reste en place. Et pourtant son incrédulité persiste. »

135 couvertures SF et Fantastiques peintes par Tibor Csernus sur le site Noosfere: https://www.noosfere.org/livres/auteur.asp?numauteur=821&Niveau=illus

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